Le temps imparti à l'évolution

khaleel Joomye

9/6/2026

Est-ce que 4 milliards d’années suffisent pour la diversité des formes vivantes?

Pour répondre à cette question, il faudra se tourner vers l’outil mathématique qu’est la probabilité pour déterminer si le temps imparti est suffisant. L’évolution des êtres s’effectue par l’acquisition des capacités nouvelles qui sont elles-mêmes déterminées par des petites machines moléculaires nanométriques formées essentiellement par un assemblage de plusieurs unités protéiques, chacune devant être de taille et de forme adaptée par rapport aux autres.


Le flagelle d’une bactérie, par exemple, nécessite la présence d’une cinquantaine de protéines, dont la moitié est structurelle, l’autre étant fonctionnelle, regroupées et travaillant de concert pour mimer un moteur hors-bord afin de propulser la bactérie dans son milieu. C’est une technologie très avancée découverte sur des microorganismes de plusieurs milliards d’années.


Quand on connaît la probabilité d’arrivée ne serait que d’une protéine simple spécifique de 150 acides-aminés qui se situe au alentour de 1 sur 10194 et que ces quelques milliards d’années ne font que 1017 secondes, il faudra que la nature essaye une possibilité toutes les 10-177 secondes, ce qui est impossible en physique car inférieur au temps de Planck qui est le plus petit temps mesurable où la physique actuelle a un sens.


Les darwinistes vous diront que la mesure de probabilité est réduite par le fait que des trillions de bactéries de par le monde ont essayé chacun de leur côté et il y en a un qui a réussi et par sélection naturelle, c’est lui qui est sorti vainqueur. Quand on sait que toutes les pièces doivent se trouver au même endroit et en même temps pour pouvoir s’assembler en un moteur hors-bord, cet argument est irrecevable.


L’idée de l’auto-assemblage de ces protéines nécessite la présence de molécules adaptables entre elles, de taille et de forme appropriées pouvant s’articuler à l’instar d’une machine hi-tech. Or la complexité d’un tel flagelle est irréductible, l’absence d’un élément rendra tout le système caduc et inefficace.



L’idée d’une fabrication par petites touches de cette machine est également une vue de l’esprit et est même contre l’idée de sélection naturelle sauf à se dire que la bactérie était douée de cognition comme l’Homme, pouvant planifier la construction du flagelle mettant de côté les protéines inutiles pour le moment qui serviront à une éventuelle construction d’un moteur hors-bord!


Quant à l’ensemencement par des aliens venus du fin fond de l’univers, hypothèse avancée par Arrhenius, Sir Fred Hoyle ou dernièrement Richard Dawkins qui n’a pas écarté cette possibilité, cela ne fait que délocaliser le problème. Et en termes de probabilité, vu les exposants notés plus haut, multiplier le temps par trois (13 milliards d’année de l’univers) semble n’être qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Khaleel Joomye